29.11.2007

Nicolas Sarkozy s'exprimera ce soir à 20H

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Alors que le pouvoir d’achat est devenu la priorité numéro un des français, devant le chômage, le Président de la République s’exprimera ce soir en direct sur TF1 et France 2 à 20H.

 

14.09.2007

Le Président en visite en Hongrie

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, est aujourd’hui en visite officielle en Hongrie son pays d’origine. "Pour moi la Hongrie est un pays particulier parce que c'est le pays de ma famille paternelle", a-t-il déclaré.

Il a aussi rendu hommage au rôle présent et passé de la Hongrie, un des huit pays qui ont adhéré à l'UE en 2004.

Ce voyage "marquant le retour de la France en Europe centrale et orientale", est "le premier déplacement préparatoire à la présidence française de l'UE", au second semestre 2008, a-t-on déclaré dans l'entourage du président français.

Le président français devait rencontrer le Premier ministre Ferenc Gyurcsany (socialiste) et prononcer une allocution devant le parlement en début d'après-midi.

J'ai voulu venir ici pour porter le message que l'Europe a besoin de la Hongrie. Beaucoup se jouera ici dans la capacité de l'UE à accompagner le développement économique et démocratique des huit pays qui nous ont rejoint".

"La Hongrie a une tradition nationale démocratique parmi les plus fortes (...) J'ai toujours approuvé le courage de ce peuple", a ajouté M. Sarkozy en référence à l'insurrection de 1956 contre les Soviétiques, qui fut réprimée dans le sang: "Les Hongrois n'ont jamais renoncé. Malgré ce qui s'est passé en 56, la Hongrie a toujours eu une place à part dans le bloc de l'Est de l'époque".

Sa visite intervient alors que se tenait vendredi à Budapest une conférence internationale sur le projet européen de gazoduc Nabucco, auquel la Hongrie vient d'apporter son soutien après avoir longtemps préféré un projet russe concurrent.

Nicolas Sarkozy a reconnu que "l'histoire (avait) fait payer cher à la Hongrie les erreurs de quelques-uns de ses dirigeants" et rappelé que s'il y avait dix millions de Hongrois en Hongrie, il y en avait aussi au moins cinq millions ailleurs.

"Dans l'esprit de la France, il n'y a pas (en Europe) les petits pays et les grands pays, les pays qui ont le droit de parler et ceux qui n'ont que le droit de se taire", a-t-il ajouté. "Il y a des nations et des Etats égaux en droits et en devoirs." A notamment dit le Chef de l’état.

11.09.2007

11 septembre : Tragique anniversaire

Il y a deux de cela, deux avions se crachaient contre les tours du World Trade Center, un contre le Pentagone, et un autre en Pennsylvanie. Au total, 2.993 personnes ont péri dans les attaques du 11 septembre 2001 à New York, Washington et en Pennsylvanie. Pendant que des millions d’américains se rendaient au travail,  le monde changeait, « l’Amérique était attaquée ».

A New York, où plus de 2 700 personnes avaient trouvé la mort dans les tours du World Trade Center, le Maire de Michael Bloomberg conduira la cérémonie, et son prédécesseur, Rudolph Giuliani, prononcera également un discours. Comme chaque année, les noms des 2.750 personnes tuées dans la destruction des tours jumelles seront lues un à un. A Washington, Le Président des Etats-Unis, George W. Bush doit assister à un office religieux.

Au-delà des commémorations, ce que nous ne devons oublier, c’est qu’il y a à l’autre bout de la terre des personnes, qui remettent en cause notre mode de vie. Des gens qui sont prêts à tuer pour une cause qui loin d’être juste, est à jamais déshonorée.

Preuve que ce n’est pas l’Amérique qui était visée, mais le monde occidental dans son ensemble, l'Europe aussi a été frappée, ou menacée, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne, et même en France. Aujourd’hui, c’est un combat au quotidien que nous devons mener pour défendre notre mode de vie, nos valeurs de libertés, et de laïcité.

10.09.2007

La réforme des régimes spéciaux prête !

Le Premier ministre François Fillon a assuré dimanche que la réforme sur les régimes spéciaux de retraite était "prête" et que le gouvernement attendait le "signal" du président Nicolas Sarkozy pour entamer des négociations avec les partenaires sociaux.

"Cette réforme est prête (...), elle est simple à faire, il s'agit d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la fonction publique", a affirmé M. Fillon sur Canal +, précisant que le gouvernement attendait "le signal du président de la République". "Quand le président choisira de déclencher cette réforme, on entamera immédiatement les négociations avec les partenaires sociaux", a-t-il poursuivi ajoutant qu'elle pouvait "être réalisée dans les prochains mois", soit par une loi, soit par un décret. Précisant toutefois qu'il n'était "pas certain qu'il y ait besoin d'un texte législatif".

Le porte-parole du gouvernement avait démenti, cette semaine, qu'un décret sur cette question soit en préparation. Auparavant, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, avait affirmé le contraire, ajoutant qu'il "ne savait pas ce qu'il y avait dedans". Son homologue de la CGT, Bernard Thibault, a mis en garde contre toute tentation de décision "unilatérale" sur les régimes spéciaux, qui concernent près d'1,6 million d'actifs et de retraités en France.

Cette réforme est attendue depuis nombre d’années. Il faudra la mener jusqu'à son terme. Ce qui n’a pas été fait en 2003, lors du lancement de la première phase de la réforme des retraites, devra être fait en 2008, lors de la deuxième phase.

07.09.2007

La Vème République rénovée ?

<I>« La question qui se pose à la commission, c'est de savoir s'il faut passer d'un président arbitre à un président qui gouverne », </I>a confié hier Édouard Balladur (ici entre Jack Lang et Nicolas Sarkozy).<BR>Michel Euler/AP

La commission présidée par l'ancien premier ministre va auditionner les partis politiques la semaine prochaine.

Les réformes constitutionnelles élaborées par la commission seront discutées au sein du gouvernement puis soumises à l'aval du chef de l'État. Celles qu'il aura retenues devront ensuite être adoptées par le Parlement, qui devrait se réunir en congrès fin janvier.

Les membres de la commission dont figure notamment le socialiste Jack Lang, doivent remettre au plus tard, le 1er novembre au Chef de l’Etat, le fruit de leurs travaux. Une trentaine de sujets sont sur le tapis, pour faire évoluer les institutions de la Vème République.

Édouard Balladur revendique une « liberté intellectuelle totale » vis-à-vis du chef de l'État, mais il valide la conception du Président de la République, des institutions quand il affirme : « La question qui se pose à la commission, c'est de savoir s'il faut passer d'un président arbitre à un président qui gouverne. » Et sa réponse ne fait aucun doute puisque pour lui, « le président a cessé en pratique d'être un arbitre depuis 1962 », date de la première élection du président de la République au suffrage universel.

Nul ne doute, qu’avec l’instauration du quinquennat, la Vème République doive évoluer, voir même être « toilettée ». Depuis sa création en 1958, il eu nombre d’évolution, tel que l’instauration du vote au suffrage universel pour le Président de la République. Aujourd’hui en 2007, il est maintenant temps, de changer les institutions pour permettre une meilleure gouvernance de l’Etat.

 

 

 

06.09.2007

La rupture dans le Conseil des Ministres

Pour la première fois, le Président de la République, Nicolas Sarkozy a décidé de diriger le Conseil des Ministres, en région et non pas au Palais de l’Elysée.

Ce Conseil hors les murs de l'Élysée vise plusieurs buts : marquer une différence avec le cadre très officiel du salon Murat, « montrer qu'en France il n'y a pas que Paris, il y a aussi des capitales régionales » et distinguer une droite alsacienne meurtrie par la politique d'ouverture du président.

Après plusieurs visites sur le terrain, Nicolas Sarkozy devrait dîner avec des élus à Colmar, dormir, comme François Fillon, à la préfecture puis prendre demain son petit déjeuner avec des parlementaires alsaciens. Afin de donner le maximum de résonance à l'opération, la plupart des ministres ont été priés de profiter de leur présence en Alsace pour effectuer un déplacement thématique. Leur organisation, selon l'un d'entre eux, aurait été imposée par Matignon.

Le Président de la République, engage petit à petit, sa politique de rupture, rupture avec les comportements politiques, avec la manière de faire de la politique. Après avoir refusé de faire la désormais ex interview du 14 juillet, le Président innove une fois encore. Il faudra désormais s’y faire, l’élection présidentielle a donnée à la France, un homme nouveau, c’est ainsi une politique nouvelle qui sera faite.

05.09.2007

La bataille des municipales commence

Bertrand Delanoë a annoncé hier qu'il briguerait un nouveau mandat en mars prochain. Une décision qui certes, ne faisait guère de doute, mais cette déclaration marque le début de la campagne municipale. Le maire de Paris a assuré qu'il était candidat à sa propre succession non pour « prolonger » son mandat, mais aussi pour insuffler à Paris « une nouvelle dynamique démocratique, sociale, culturelle, urbaine, économique ».

Françoise de Panafieu, elle, fourbit ses armes contre Bertrand Delanoë, qui serait dit-on tenté de briguer le poste de Premier secrétaire du Parti Socialiste et in fine, en 2010, l’investiture pour l’Elysée. Elle a donc rappelé hier que Delanoë « s'était engagé en 2001 à être maire de Paris à 100 %, en s'interdisant d'exercer un autre mandat ou une autre fonction ». Le député maire du XVIIème a d'ailleurs annoncé sur RTL qu'elle démissionnerait de son mandat parlementaire si elle était élue maire de Paris.

Françoise de Panafieu annonce également qu’elle conduira une politique d’ouverture à la Mairie de Paris sur le modèle du gouvernement. Ainsi, elle s’engage à confier des présidences de commissions permanentes de la municipalité parisienne à des élus de l'opposition. Nul ne doute que la bataille qui s’engage sera rude, l’élection, a six mois du scrutin, est loin d’être jouée.

 

 

22.03.2007

Pour une francophonie vivante et populaire

Par Nicolas Sarkozy
Président de l'Union pour un Mouvement Populaire

Le Figaro - 22 mars 2007

La francophonie n'est pas morte. Au cours des déplacements que j'ai effectués ces derniers mois à l'étranger, j'ai été touché de sentir que, partout dans le monde, la langue française bénéficie d'un prestige intact. Plus que jamais, cette ferveur nous oblige. Car, face à l'anglais, le recul du français n'est pas une fatalité.

Au moment où nous célébrons le centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor, notre pays s'honorerait à rendre enfin à l'homme de la négritude et fondateur de la francophonie, l'hommage qu'il aurait dû lui rendre au moment de sa mort. J'ai été, dans la plus grande discrétion, le premier des responsables politiques français à me rendre sur sa tombe. Je veux aujourd'hui solenniser cet hommage envers celui qui a été l'un des artisans les plus dévoués du rayonnement de notre pays. C'est pourquoi, je propose l'inscription de son nom dans la crypte du Panthéon, aux côtés de celui de Charles Péguy et de Toussaint Louverture.

Il faut revenir à une francophonie conforme à l'esprit de Senghor. Pour cela, nous devons, nous Français, nous impliquer davantage dans cette francophonie dont les porte-parole sont parfois des auteurs étrangers, eux qui se retrouvent courageusement, mais si seuls, à la défendre, à la place de ceux qui auraient dû en être les véritables avocats : les Français eux-mêmes. Et d'abord, la jeunesse, elle qui, à ce jour, n'en perçoit pas toujours l'utilité.

Je veux qu'on enrichisse les programmes scolaires d'un volet francophone significatif et que, dans les villes, on crée des maisons de la francophonie, lieux vivants d'arts et de culture, où les jeunes pourront « toucher du doigt » l'originalité des cultures francophones. Il est également important de leur permettre de découvrir la richesse des cultures du Sud avec un service civique assorti d'un volet francophone.

La jeunesse française issue de l'immigration aurait toute sa place dans ce dialogue des cultures, puisque la langue française a été aussi chantée par des écrivains originaires du Maghreb et d'Afrique subsaharienne. Ce n'est pas un hasard si, parmi les derniers pays que j'ai visités, le Sénégal et l'Algérie ont offert à notre Académie deux des plus fervents amoureux de la langue française, Assia Djebar et Senghor.

Dans l'enseignement supérieur, il est urgent de commencer à réfléchir à la création de chaires francophones, quasi inexistantes en France, afin de retenir des talents littéraires comme Maryse Condé, Alain Mabanckou ou Achille Mbembe, qui ont fini par s'exiler aux États-Unis. Le coeur et l'avenir de la francophonie sont de moins en moins français, mais, paradoxalement, de plus en plus anglo-saxons. La francophonie sauvée par l'Amérique ? Un comble !

Une langue véhicule aussi un message politique, une certaine vision du monde. Lorsqu'elle est parlée par des peuples aussi divers que ceux du Liban, du Niger ou du Vietnam, la langue française est le récit d'une communauté de destin entre « nous et eux ». Je déplore que, quelquefois, elle soit confisquée par des réseaux prenant prétexte de la défense de la langue française pour promouvoir leurs intérêts privés.

Tant que la francophonie sera suspecte de tels relents, les peuples seront méfiants à son égard et seront tentés de rejeter le bébé ( la France ) avec l'eau du bain (la francophonie). Car, à l'origine, la francophonie n'est pas un concept colonial, au contraire. Pour ne pas être suspecté de néocolonialisme, le général de Gaulle avait commencé par s'en méfier avant que Léopold Sédar Senghor ne la définisse comme « fille de la liberté et soeur de l'indépendance », comme une « symbiose culturelle entre États ayant le français en partage et qui est d'autant plus humaine parce que d'autant plus riche, qu'elle unit les valeurs les plus opposées ».

En France, il faut en finir avec la vision jacobine d'une francophonie qui écrase et qui assène : il n'y a pas lieu d'opposer le français aux « langues de France ». Comment revendiquer, face à l'anglais, l'exception culturelle et ne pas l'admettre pour nos propres cultures régionales menacées de disparition ? Les langues locales, y compris, outre-mer, le créole, doivent pouvoir être proposées aux écoliers dans les territoires où un nombre suffisant de parents le souhaite.

 

Du local au global, la francophonie franchit allègrement les frontières, mais sans toujours savoir où elle va. Nous devons l'imaginer comme un moyen pour la langue française de tenir tête à l'anglais sans complexe. Cela suppose que nos administrations s'adressent aux organismes internationaux en français et que le français, langue du droit, soit la langue de référence des textes européens.

 

L'élargissement vers l'est de l'Union ne doit pas remettre en cause notre partenariat privilégié avec les pays du Sud. En ce sens, la ratification, par la France , il y a quelques jours, de la Convention internationale pour la diversité culturelle, doit permettre qu'à côté du français, les langues locales aient droit de cité, notamment en Afrique : malgré ses difficultés actuelles, le continent noir peut, par ce dynamisme linguistique hérité de son histoire précoloniale méconnue, apporter une contribution précieuse à la production des valeurs universelles.

 

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04.01.2007

Comment sauver l'Europe?

Depuis le 1er janvier 2007 nous sommes désormais 27 en Europe, la Bulgarie et la Roumanie nous ont en effet rejoint. Pour autant malgré l’esprit de fête qui a marqué le 1er janvier leurs adhésions, l’Europe est en crise.

 

L’Europe peine à se relancer, depuis les « Non » au traité constitutionnel de la France et des Pays Bas. A l’heure ou nous allons fêter les 50 ans du traité de Rome et au moment ou l’Allemagne prend pour six mois la présidence de l’Europe ; l’Europe se cherche, l’Europe doute. Pourtant nous sommes à un moment crucial de l’histoire européenne, l’Allemagne préside l’Europe pour six mois viendra ensuite la présidence française, deux pays moteurs de la construction européenne. Ce temps de responsabilité doit être mis a profit afin de construire l’Europe de demain, de donner à l’Europe enfin des institutions.

 

Alors que le populisme antieuropéen gagne chaque jour toujours plus de responsables politiques, alors que le scepticisme sur les bienfaits de l’Europe s’ancre toujours plus dans la tête des français ; il est nécessaire de relancer au plus vite la construction européenne. Pourquoi pas par la négociation et in fine par l’adoption d’un nouveau traité.

 

Nicolas Sarkozy propose de faire adopter par le parlement un mini traité reprenant en majeur partie la teneur, de celui rejeté par les français. Ségolène Royal propose ni plus ni moins que de refaire voter par référendum le traité constitutionnel. Comme si les français qui avaient voté « Non » a 55% allaient se déjuger… Les propositions des deux principaux candidats, qui représentent l’UMP et le Parti Socialiste pour la présidentielle, manquent pour le moins d’audace. L’une des solutions est sans doute, la réconciliation de la France du « Non » avec celle du « Oui » et plus généralement des peuples européens du « Non » avec ceux du « Oui ».

 

Les pays moteurs de l’Union doivent travailler mains dans la main pour reconstruire l’Europe. Nous sommes face à notre histoire, face à notre destin. S’il accède à la présidence de la république en 2007, Nicolas Sarkozy après nous avoir redonné la fierté d’être français, devra nous redonner la fierté d’être européen. L’Europe nous a apporté beaucoup de choses, notamment la paix, la stabilité monétaire, la force de l’union… Nous devons au XXIe siècle être à la hauteur pour construire avec les peuples européens un avenir en grand, un avenir ensemble.

 

 

Cédric

Responsable Blog UMP Grandes Ecoles

02.01.2007

L'exécution de Saddam Hussein est une faute

J'aurais aimé saluer dans le procès de Saddam Hussein une étape marquante de la démocratisation de l'Irak. Malheureusement, l'exécution de l'ex-dictateur irakien jette le trouble sur un événement qui aurait dû être positif pour la reconstruction de ce pays martyrisé. D'abord, il faut reconnaître avec satisfaction que Saddam Hussein a été jugé.

J'observe que le Haut Tribunal pénal est une instance irakienne, formée exclusivement de magistrats irakiens, dont les audiences sont publiques. Les experts et les observateurs disent, certainement à juste titre, que les débats ont été menés de manière brouillonne, dans une atmosphère qui manquait de sérénité. Trois avocats de la défense ont d'ailleurs été assassinés. Le fait que Saddam Hussein ait été jugé par un tribunal irakien est déjà un exploit en soi dans les circonstances dans lesquelles se trouve plongé le pays. Rappelons que l'Irak n'a fait la découverte que depuis quelques mois des élections libres, d'une Constitution librement consentie, d'un gouvernement de coalition, de la délibération parlementaire et d'une justice indépendante, mais surtout qu'il est le lieu d'une guerre civile particulièrement sanglante.

C'est aussi un exploit parce que l'accusé se trouve être celui qui a asservi ses concitoyens par l'assassinat et la terreur pendant plus de trente ans, et dont se revendiquent encore les terroristes (je ne peux pour ma part appeler "résistants" ceux qui posent quotidiennement des bombes au milieu des civils).

J'aurais aimé saluer le fait qu'à travers ce procès hautement symbolique l'Etat irakien se soit approprié des éléments qui contribuent essentiellement à sa souveraineté, comme un système judiciaire indépendant et professionnel ou une police démocratique et intègre.

La condamnation à la peine capitale et l'exécution du condamné m'en empêchent. Je suis opposé à la peine de mort. C'est pour moi une question de principe. Je crois que le monde doit continuer à cheminer vers son abolition totale. Et, en l'occurrence, bien qu'il s'agisse d'un des grands criminels de l'Histoire, j'estime que l'Irak se serait grandi en n'exécutant pas celui qui l'a tant fait souffrir. Je souhaite ardemment la stabilisation de l'Irak. Mais, pour moi, la stabilisation en profondeur de cette région passe par la promotion des valeurs démocratiques. Je déteste l'idée que certains peuples seraient condamnés à la violence au seul motif que cette violence s'inscrirait dans une tradition multiséculaire, voire millénaire. Et je considère comme une étape indispensable du processus de démocratisation de l'Irak l'abolition de la peine de mort.

Enfin, je déplore profondément que Saddam Hussein, le dictateur qui avait plus de sang sur les mains que quiconque au monde, n'ait pas eu à comparaître pour ses autres crimes. Je regrette que justice n'ait pas été rendue aux Kurdes, dont les souffrances ont été indicibles, et dont le massacre au gaz de 5 000 civils dans la bourgade d'Halabja en 1988 n'aura été qu'un événement atroce parmi de nombreux autres. Je regrette que justice n'ait pas été rendue aux chiites, qui subirent en 1991 une répression barbare de la part de la garde républicaine irakienne - d'ailleurs sous le regard impassible de la communauté internationale.

Il est difficile de réconcilier les différentes composantes d'un peuple au sortir d'une dictature. Mais cette tâche me paraît d'autant plus malaisée lorsque la lumière n'est pas faite sur le passé.

L'exécution de Saddam Hussein, le pire des hommes, est une faute.

Par Nicolas SARKOZY

source: http://www.lemonde.fr/

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